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L’avenir des écrans pliables passe aussi par la mode

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Article publié le 23 mai 2019, mis à jour le 25 octobre 2026 : caractéristiques des écrans, suite de l’histoire et sources.

En bref : en mai 2019, Louis Vuitton a présenté des prototypes de sacs équipés d’écrans AMOLED souples, d’abord lors de son défilé Croisière 2020 à New York, puis au salon VivaTech à Paris. Les écrans étaient fournis par le chinois Royole. Aucune commercialisation n’a été annoncée, et Royole a été déclaré en faillite en novembre 2024.

Des sacs Louis Vuitton à écrans souples, du défilé à VivaTech

Après le brevet de sac à dos doté d’un écran pliable déposé par Sony, c’est au groupe LVMH de s’intéresser à cette technologie. Le 8 mai 2019, Louis Vuitton présentait sa collection Croisière 2020 au TWA Flight Center de l’aéroport JFK, à New York. Les amateurs de technologie en ont surtout retenu deux sacs prototypes, l’un doté d’un écran, l’autre de deux. Selon Engadget, Louis Vuitton annonçait des dalles AMOLED souples d’une définition de 1 920 × 1 440 pixels, qui diffusaient pendant le défilé des vues de ville et une démonstration de navigateur web.

La maison a détaillé cette « toile du futur » quelques jours plus tard, au salon VivaTech, organisé à Paris du 16 au 18 mai 2019. D’après la publication de LVMH consacrée à l’événement, elle équipait trois modèles emblématiques de la maroquinerie de la marque, le Speedy, le Duffle et le Néo Noé, et avait demandé plus de deux ans de recherche. Les écrans flexibles venaient de Royole, la société chinoise qui avait surpris tout le monde avec le FlexPai, premier smartphone pliable commercialisé.

Un écran souple pensé comme une extension du smartphone

Ces écrans permettaient d’abord de personnaliser un sac de luxe avec des photos ou toute autre image. Mais Louis Vuitton voyait plus loin : un porte-parole de la marque expliquait à Engadget que l’idée était de penser le sac à main comme une extension du smartphone. Le sac pouvait alors servir d’écran externe, et ne se limitait plus à un accessoire de personnalisation.

Deux dispositions étaient proposées : un sac compact avec un écran sur chaque côté, et un modèle plus grand qui accueillait deux écrans par face. En se lançant dans cette technologie, Louis Vuitton cherchait aussi à rajeunir son image, comme le montraient ses autres innovations présentées à VivaTech, dont des baskets lumineuses en fibre optique. Pour un écran souple, la maroquinerie de luxe offrait une vitrine idéale : un objet porté, visible de tous, où la dalle épouse une forme qu’aucun écran rigide ne pourrait suivre.

Ce qu’il en reste : des prototypes et un fournisseur disparu

À l’époque, Louis Vuitton n’avait annoncé ni prix ni date de sortie, et ne disait pas si ces sacs seraient produits. Aucune commercialisation n’a été annoncée depuis. Leur fournisseur a connu un destin plus brutal : après avoir renoncé à son introduction en Bourse en 2021, Royole a vu ses difficultés s’accumuler, avec des fournisseurs et des salariés impayés. Un tribunal de Shenzhen l’a déclaré en faillite en novembre 2024, ouvrant la voie à la liquidation de la société mère et de deux filiales, rapporte Caixin.

Les sacs à écran de Louis Vuitton restent donc une démonstration : celle qu’un écran souple peut quitter le téléphone pour habiller un objet du quotidien, même si le marché n’a pas suivi.

Sources

  • Engadget : prototypes présentés au défilé Croisière 2020, 10 mai 2019
  • LVMH sur Instagram : présentation de la « Canvas of the Future » à VivaTech, 17 mai 2019
  • LVMH sur Instagram : défilé Croisière 2020 au TWA Flight Center, 11 mai 2019
  • Caixin : faillite de Royole, 20 novembre 2024

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